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Critique de Bernard Dupuis pour Rêves d'ailleurs



« Un peu de poésie à l’heure de l’écrasante puissance de la bêtise ». C’est avec cette phrase de Fabrice Luchini dans la tête que j’ai entamé la lecture de « Rêves d’ailleurs » avec le sentiment merveilleux d’ouvrir un tiroir à secrets. Envie de m’octroyer un plaisir simple, de profiter du présent, d’écouter le silence des mots, de rêver tout simplement. Envie surtout d’un instant de bonheur, d’un instant d’éternité. Les règles de la prosodie étant trop compliquées pour moi, je ne m’y suis guère attardé, préférant de loin me laisser bercer par la musicalité et le rythme des mots, me laisser envahir par l’émotion. Sans émotion, sans notion de partage, la poésie n’existe pas, elle reste hermétique, ennuyeuse et inaccessible pour beaucoup. La poésie d’Anne Stien me touche l’âme et le cœur parce qu’elle me fait vibrer, qu’elle me rappelle que je suis ouvert à la beauté, à la chaleur, que je suis vulnérable dans ma solitude et qu’elle réveille en moi des milliers de souvenirs. C’est un véritable cadeau.

« J’aime tant la lumière des petits matins bleus », écrit Anne Stien. C’est dense, c’est fort, c’est magique, ça donne des frissons. On ne peut qu’aimer ces petits matins bleus. Avec un peu d’imagination, on pourrait même entendre le tintement joyeux de cloches lointaines. J’ai particulièrement aimé : « Lettre à un inconnu » et... j’ai voyagé… tout en restant dans mon fauteuil.

Merci Anne.




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