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LA COUPE EST PLEINE

Bon, vous  me direz que ça ne change pas, rien de nouveau dans l'hexagone, on divise pour régner, on promet la lune, on avoue de menus forfaits pour satisfaire le peuple, avec plein de petits détails croquignolets, on s'allie, on trahit, on s'associe, on raconte n'importe quoi, on gagne des points dans les sondages puis on en perd selon l'audimat, on flirte avec les médias, tout sourire, les dents blanchies, le hâle permanent, le cheveu lissé.

Pourtant, la colère gronde, les poings se lèvent, les huées résonnent, les marches sont silencieuses, le mécontentement est corporatif, les urgences médicales sont en grève, les banques épargnent, la bourse fait grise mine, les centrales nucléaires explosent, les éoliennes se reposent, le printemps est timide, l'air est saturé de particules fines, les inondations se multiplient tandis que la banquise se transforme en icebergs flottants prêts à fondre sous un soleil voilé.

Triste réalité. Ils font campagne avec des accents de tragédie, des trémolos d'opérette, des rebondissements de mauvais goût,  des scandales avec effets de manches, des mensonges superposés, des assertions hypocrites.

Sans doute est-ce notre propre reflet, impitoyable, cruel, égocentrique, narcissique et inconséquent ?

Mea culpa...



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LA PREUVE DU CONTRAIRE

Il fit asseoir sa cliente. Le pire était devant lui. Douillette, bavarde, insupportable, elle le saoulait de propos ordinaires. La pluie et le beau temps venaient en premier. D’habitude, il s’arrangeait pour écourter au maximum ce flot d’insanités, mais aujourd’hui, il avait été imprévoyant et son assistante était en congé. Les fameux RTT dont on ne savait jamais quand ils allaient vous tomber dessus et combien il en restait. Il lui cloua le bec en introduisant l’aspirateur dans la bouche édentée à l’haleine pestilentielle. Il portait deux masques superposés parfumés à la citronnelle. Cela lui chatouillait le nez. Il avait parfois des envies de meurtre… Quelle raseuse ! A chaque séance avec elle, il se demandait comment il allait tenir le coup. C’était un challenge. Il avait tenté de la refiler à son associée. Mais cette dernière, fine mouche, avait éventé le piège. Il s’était donc vu dans  l’impossibilité de se débarrasser d’elle, à moins que … L’image de la seringue qu’il plantait d…
J’AIME CEUX QUI S’AIMENT
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Tout au long
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VARIATION EN LA MINEUR

Ce jour-là, je broyais du noir. Il se trouvait que j’étais une fois de plus au chômage et que mon mec m’avait laissé choir. Je n’en fus pas surprise, car je le savais égoïste et peu scrupuleux.  Ainsi, dès  la mauvaise nouvelle annoncée, il déguerpit sans demander son reste.
Assise à la table de cuisine, je maudissais le mauvais sort qui s’acharnait contre moi. L’avenir m’apparaissait cousu de fil blanc, mes projets s’effilochaient avec le temps. Sans famille, seulement ma tante Bella qui vivait dans un hameau en Aveyron, je décidai de quitter mon logement, avant de m’enliser dans les sables mouvants du surendettement. Je liquidai les quelques meubles que j’avais réussi à accumuler. Je me séparai de mon cher piano. Par réflexe, je gardai les partitions. Il ne me restait plus que la possibilité de chanter en plaçant bien ma voix. J’étudiai en particulier une variation en la mineur de Brahms. Mes doigts dansaient en l’air, faute d’effleurer les touches ivoire, voletant ici et là, allegro…