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ELLE

ELLE

Elle me fait toujours autant d'effet
J'entends sa voix basse dans un murmure
Ses mots rares au langage secret
Sa musique intérieure si pure
Telle la vérité sans fard ni leurre
Elle me sourit, les yeux ailleurs
Silencieuse à la même heure
Savourant et vénérant son bonheur
Douceur angora, pâle cachemire
Son beau sourire laisse entrevoir
Une âme attirante qu’on admire
Si noble qu’elle ne peut décevoir
Un envol dans l’azur bleu de sienne
Ce rêve me prend, languide et bref
Je ressens l’émotion qui est mienne
Aux élans intrépides sans grief
Anne Stien

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AREA 51

AREA 51

Lorsque j’embarque sur un vol à destination de Salt Lake City, je suis un homme comblé. Mon rêve est devenu réalité. Enfin, je vais pouvoir m’approcher de la zone 51, objet de mes fantasmes les plus secrets. Pendant le vol, J’envisage toutes sortes de mésaventures et aussi des moments palpitants. Ma passion est à son paroxysme. Elle est devenue une réalité tangible. De longues heures de vol me séparent du but de ma mission. Mon plan est simple et imparable. J’ai pris tout le temps qu’il faut pour me mettre en situation et éloigner de moi les craintes et les présages funestes. Je me revois, jeune globe-trotter, arpentant des terres lointaines et inexplorées. A l’époque, j’étudiais avec passion les civilisations anciennes. Je photographiais aussi toutes espèces de végétaux. Puis, vers la quarantaine, je fus pris d’une passion dévorante pour les secrets d’état. Je me mis à préparer une enquête de grande envergure sur l’inquiétante « Area 51 » située près de Salt Lake City. Il s’agit…

COUPABLE

Je m'appelle Louise. Lui, c'est Antony... 

Quand mes yeux se perdent dans les siens, je retrouve le lien indestructible qui nous unit. Son regard est profond, insondable. Je perçois une lueur d'inquiétude tandis que sa main se pose sur la vitre qui nous sépare. Je place mes doigts sur le verre embué. Bien que je sois du bon côté, je ressens sa culpabilité. Je suppose que ce sentiment l'obsède. A voir sa mine de papier mâché, il ne doit pas dormir souvent et ses rêves ont tout l'air d'être des cauchemars. Je suis là, tout près de lui, mais je ne sens pas son odeur ni son parfum. J'ai oublié. Le silence entre nous se prolonge, riche de nos émotions. 

Flash back sur le 13 Juillet dernier. A minuit, le feu d'artifice s'était emparé du ciel pour éclater en grappes de lumière. La foule s'était massée sur la place. C'est alors que mon regard s'était posé pour la première fois sur Antony. J'avais longuement observé son manège, intriguée par sa…

LA PREUVE DU CONTRAIRE

Il fit asseoir sa cliente. Le pire était devant lui. Douillette, bavarde, insupportable, elle le saoulait de propos ordinaires. La pluie et le beau temps venaient en premier. D’habitude, il s’arrangeait pour écourter au maximum ce flot d’insanités, mais aujourd’hui, il avait été imprévoyant et son assistante était en congé. Les fameux RTT dont on ne savait jamais quand ils allaient vous tomber dessus et combien il en restait. Il lui cloua le bec en introduisant l’aspirateur dans la bouche édentée à l’haleine pestilentielle. Il portait deux masques superposés parfumés à la citronnelle. Cela lui chatouillait le nez. Il avait parfois des envies de meurtre… Quelle raseuse ! A chaque séance avec elle, il se demandait comment il allait tenir le coup. C’était un challenge. Il avait tenté de la refiler à son associée. Mais cette dernière, fine mouche, avait éventé le piège. Il s’était donc vu dans  l’impossibilité de se débarrasser d’elle, à moins que … L’image de la seringue qu’il plantait d…

VARIATION EN LA MINEUR

Ce jour-là, je broyais du noir. Il se trouvait que j’étais une fois de plus au chômage et que mon mec m’avait laissé choir. Je n’en fus pas surprise, car je le savais égoïste et peu scrupuleux.  Ainsi, dès  la mauvaise nouvelle annoncée, il déguerpit sans demander son reste.
Assise à la table de cuisine, je maudissais le mauvais sort qui s’acharnait contre moi. L’avenir m’apparaissait cousu de fil blanc, mes projets s’effilochaient avec le temps. Sans famille, seulement ma tante Bella qui vivait dans un hameau en Aveyron, je décidai de quitter mon logement, avant de m’enliser dans les sables mouvants du surendettement. Je liquidai les quelques meubles que j’avais réussi à accumuler. Je me séparai de mon cher piano. Par réflexe, je gardai les partitions. Il ne me restait plus que la possibilité de chanter en plaçant bien ma voix. J’étudiai en particulier une variation en la mineur de Brahms. Mes doigts dansaient en l’air, faute d’effleurer les touches ivoire, voletant ici et là, allegro…

AUSSI PROFOND QUE MES LARMES

Milena est née prématurément le 8 Août 2000. Elle semble très satisfaite d’être venue au monde de façon inopinée, deux semaines à l’avance. Déjà, elle jette autour d’elle des regards intéressés. Sans doute perçoit-elle l’ombre et la lumière, phénomènes nouveaux pour elle.
-Milena, ma fille !
Je répète ces mots sans y croire encore. Moi, Ludmilla Pavlova, j’ai un enfant, une jolie petite fille qui a l’air bien vivante. On dirait qu’elle me ressemble, à moins que ce ne soit plutôt l’esquisse du menton de Vladimir. Et dire qu’il ne sait rien. Sous-marinier, il est actuellement en mission. Je ne le reverrai que dans quelques semaines. Il est très fier d’être mécanicien sur le Koursk, un des fleurons de la marine russe. Je n’ai pas pu avoir de contact téléphonique. Aussi ai-je envoyé un télégramme, par l’intermédiaire de l’amirauté, pour annoncer la naissance de Milena. Mais j’ignore quand il lui sera remis. Pour l’instant, je n’ai aucune nouvelle de lui.
Cependant, le fait de me trouver seul…

UN AMOUR PLATONIQUE

Je la regarde. Elle me sourit. Sa plume court sur le papier, vive, grinçante, intarissable. Dans l’immense cheminée crépite une belle flambée. Dehors, le vent souffle. Les feuilles mortes dansent d’une manière imprévisible. A l’abri des murailles épaisses du château, je jouis d’un grand prestige. Ma vanité égocentrique naturelle me porte à croire que c’est mérité. Après tout qui refuserait d’être bien considéré ?
Je suis la plupart du temps détendu et serein. Je pense surtout à moi. Jusque-là tout va bien. Lorsque je m’intéresse un tant soit peu aux autres, ce que je constate me rend perplexe. Autour de moi, on s’agite, on complote, on intrigue… Je reste farouchement dans l’ombre, poursuivant mon chemin.
Cependant, malgré ma neutralité, rien ne m’échappe. Ni les troussages des servantes par M. le Comte sous le nez de la Comtesse, être rare, dont l’âme est si douce, mélancolique … Je m’intéresse aussi aux amours secrètes de Mlle Hortense, la fille ainée. Je l’entends parfois pleurer …