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MONDE PARFAIT




D’un pays sans douleur
Je voudrais être reine
D’une grande douceur
Sans faire aucune peine.

De ce monde en fureur
Je chasserais la haine
Poursuivant les meneurs
Par dizaine ou centaine.

D’un combat sans erreur
Ici je me démène
Je mettrais le bonheur
Dans vos âmes incertaines.

De mon pouvoir sur l’heure
Je changerais la scène
Je bénirais l’ardeur
D'un peuple pour sa reine.

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LE BONHEUR DU JOUR

Je m’appelle Yves mais tout le monde m’a surnommé Yvon ou, quand je suis en colère, Yvan le Terrible. Il paraît qu’il a existé. Il a même été tsar de Russie. Moi, Yvon, je travaille le bois. J’aime son odeur, son toucher et sa belle allure quand j’en ai fini avec lui. Il faut préciser que je suis ébéniste et heureux de l’être. J’ai la faculté d’exercer un métier où je me réalise pleinement. C’est à la fois une activité et un plaisir. En ce moment, je rénove un  meuble ancien que j’ai déniché dans le grenier poussiéreux de mes parents. C’est un « bonheur du jour », petit secrétaire destiné à la correspondance. Cela fait maintenant près de trois semaines que je remets à neuf ce ravissant petit meuble. Il est réjouissant de voir réapparaître les nervures du bois et de percevoir son odeur. Je laisse un moment planer mes pensées et lève les yeux. Par la fenêtre ouverte, me parviennent le gazouillis des oiseaux, la sourde rumeur de la ville et le carillon de Ste Eulalie. ...

LE LAC

Te rappelles-tu nos errances,   Au bord du chemin sinueux, Partage d’amères souffrances. Au bord du chemin sinueux, Reviennent nos viles paroles, Echo perfide et vénéneux. Reviennent nos viles paroles, Reflets émeraude du lac, Fleurs aux somptueuses corolles. Reflets émeraude du lac Une ride nait en surface, Fugitif dessin du ressac. Une ride nait en surface Formant joli trait d’union, Viens près de moi que je t'enlace ! Evitons la désunion…

HYPNOSE

Prix Paul Verlaine Juin 2011 Dort mon jardin secret, la mémoire encor vive,    Un souffle me conduit, je remonte le temps, Lors de mes jeunes ans, en saison de printemps, Je flâne près de l’eau, en restant sur la rive, Un orage survient, je me sens si craintive, Mon cœur se fait tambour, chamade en contretemps, Je chute dans le lac, étrange passe-temps, Un quidam maussade déambule en coursive. Je me noie en ces eaux, fatales inerties, L’image du bonheur s’imprime en facéties, Frôlement du néant troublé par maints appels, Sauveur de nulle part, ange tant bienvenu, L’homme s’en est allé, demeurant inconnu, Parfois certaines nuits, je rêve aux archipels. Anne STIEN