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LES MENSONGES


LA NUIT JE MENS

Texte inspiré de la chanson de Bashung


Mes rêves me rêvent

Mon ombre sur le ciment

S’embrase dans une rave

J’ai perdu le contrôle

La fumée est un voile

Suis-je drôle

Je me mets à poil

Les keufs sont bourrés

Je cours jusqu’aux fourrés

Avec quelques voleurs

Et un porte-bonheur

Malgré certaines ardeurs

Mais ce n’était qu’un leurre

Au voleur, au voleur

Poudre d’escampette

Un solo de trompette

Me voilà au violon

Pour un temps assez long !





















































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LE BONHEUR DU JOUR

Je m’appelle Yves mais tout le monde m’a surnommé Yvon ou, quand je suis en colère, Yvan le Terrible. Il paraît qu’il a existé. Il a même été tsar de Russie. Moi, Yvon, je travaille le bois. J’aime son odeur, son toucher et sa belle allure quand j’en ai fini avec lui. Il faut préciser que je suis ébéniste et heureux de l’être. J’ai la faculté d’exercer un métier où je me réalise pleinement. C’est à la fois une activité et un plaisir. En ce moment, je rénove un  meuble ancien que j’ai déniché dans le grenier poussiéreux de mes parents. C’est un « bonheur du jour », petit secrétaire destiné à la correspondance. Cela fait maintenant près de trois semaines que je remets à neuf ce ravissant petit meuble. Il est réjouissant de voir réapparaître les nervures du bois et de percevoir son odeur. Je laisse un moment planer mes pensées et lève les yeux. Par la fenêtre ouverte, me parviennent le gazouillis des oiseaux, la sourde rumeur de la ville et le carillon de Ste Eulalie. ...

LE LAC

Te rappelles-tu nos errances,   Au bord du chemin sinueux, Partage d’amères souffrances. Au bord du chemin sinueux, Reviennent nos viles paroles, Echo perfide et vénéneux. Reviennent nos viles paroles, Reflets émeraude du lac, Fleurs aux somptueuses corolles. Reflets émeraude du lac Une ride nait en surface, Fugitif dessin du ressac. Une ride nait en surface Formant joli trait d’union, Viens près de moi que je t'enlace ! Evitons la désunion…

HYPNOSE

Prix Paul Verlaine Juin 2011 Dort mon jardin secret, la mémoire encor vive,    Un souffle me conduit, je remonte le temps, Lors de mes jeunes ans, en saison de printemps, Je flâne près de l’eau, en restant sur la rive, Un orage survient, je me sens si craintive, Mon cœur se fait tambour, chamade en contretemps, Je chute dans le lac, étrange passe-temps, Un quidam maussade déambule en coursive. Je me noie en ces eaux, fatales inerties, L’image du bonheur s’imprime en facéties, Frôlement du néant troublé par maints appels, Sauveur de nulle part, ange tant bienvenu, L’homme s’en est allé, demeurant inconnu, Parfois certaines nuits, je rêve aux archipels. Anne STIEN